Retours d’expériences

Retour de la journée nationale des marcheuses, organisée par France Médiation

Bonjour Madame Poggi,

Nous tenions, Agathe COUSIN, Camille GREMEZ et moi-même, à très sincèrement vous remercier pour votre implication dans cette belle journée que nous venons d’organiser sur les marches exploratoires. Les retours sont excellents, ceux des habitantes, des équipes-projet comme des partenaires de l’État : quelle belle énergie !

Merci encore pour votre travail de qualité pour l’animation de l’atelier retour d’expériences, mais également pour tout le travail d’accompagnement réalisé lors de l’expérimentation sur les 12 villes.

La journée du 2 février a rempli son objectif d’échanges et de réflexions, Madame Geoffroy était ravie tout comme les acteurs des villes qui avaient fait le déplacement (tout le monde avait le sourire en repartant). Près de 130 personnes (si on enlève les personnes des cabinets et l’équipe d’organisation) mobilisées en trois semaines, c’était un vrai défi et nous l’avons relevé.

[Les marches exploratoires] » ce formidable outil qui peut renforcer la prise en compte des questions d’égalité femmes-hommes au sein des collectivités territoriales. »

Laurent Giraud Directeur de France Médiation

 

Retour de Rouen

« Les marches exploratoires, une méthode souple et rigoureuse.

Souples et rigoureuses, Dominique POGGi (sociologue) et Marie-Dominique DE SUREMAIN (urbaniste), le sont aussi.

Rigoureuses, parce qu’elles proposent une méthodologie progressive et accessible où chacune, marcheuse ou technicien-ne, peut trouver du sens. Les Lombardines se sont investies avec beaucoup de détermination parce que le cadre proposé constitue un vrai « travail » citoyen. Suivi pas à pas, il amène un renforcement des compétences rapide qui permet aux femmes engagées dans l’action de faire des propositions aux décideurs en pleine confiance, tant la qualité du rendu (écrit comme oral) est évidente.

Souples, parce qu’elles s’adaptent à leur public et permettent ainsi, bien au-delà du projet, de faire des marches une vraie aventure humaine. Les approches pédagogiques de mise en forme, de prise de parole amènent chacune à se dire, à écouter, à comprendre, sans jugement, à gagner en confiance pour créer une véritable intelligence collective. Nous sortons toutes de cette aventure plus autonomes, plus conscientes de nos capacités et surtout avec le désir de poursuivre dans la voie de la citoyenneté pour toutes et tous; dans le quartier et plus largement.

Au-delà, Dominique POGGI et Marie-Dominique de SUREMAIN partagent leur savoir avec beaucoup de patience, de bienveillance et d’enthousiasme. Elles permettent une vraie reconnaissance des femmes qui se sont investies dans la démarche, capables désormais de coconstruire leur quartier et leur ville avec les élus, les techniciens et leurs concitoyens, et convaincues aujourd’hui, grâce au projet, de détenir un savoir unique, leur expertise d’usage quotidien. »

Les marches exploratoires, une vraie reconnaissance de la place des femmes dans la cité (espaces publics et agora)!

Gaëlle TANASESCU, cheffe de service prévention de la délinquance- direction de la tranquillité publique- Ville de Rouen

 

 

« Le professionnalisme et l’expérience de Maturescence sont essentiels pour l’accompagnement des équipes-projet et la réussite des marches jusqu’à la présentation des préconisations aux décideurs. » (Camille Gremez, France Médiation)

« Je suis complètement d’accord avec ton analyse.
En particulier, pour notre expérience, le professionnalisme et l’expérience de Maturescence, via Dominique, ont été essentiels. La réussite de la marche restitutive avec la présentation des préconisations aux décideurs est en grande partie imputable à cet accompagnement sur site ces deux deniers jours. »  (Stéphanie Fournel, Déléguée du Préfet dans les quartiers populaires de Bastia)


Une réflexion sur “Retours d’expériences

  1. Bonjour Dominique, j’ai créé une fiche qui rassemble qqs éléments d’enseignement des marches sur la participation des habitantes des quartiers prioritaires de la politique de la ville, c’est-à-dire les quartiers d’habitat social, là où s’est concentré le projet que nous avons mené ensemble dans les 1O villes.
    Je copie/colle les éléments ci-dessous, mais je vous enverrai le .pdf pour que vous puissiez la diffuser si vous la trouvez suffisamment pratique. Bien à toi, Camille.

    Enseignement des Marches exploratoires sur la Participation des habitants
    Les recommandations suivantes peuvent s’appliquer à toute initiative participative :
    Les horaires de mobilisation : 8h45-11h30 / 13h45-16h30 soit juste après avoir déposé les enfants à l’école le matin ou l’après-midi et avant de les récupérer. Il faut bien avoir en tête que les personnes vont être disponibles 2h à 3h maxi par jour, pas toute la journée comme nous, les professionnel.le.s. D’ailleurs, l’horaire du matin a globalement permis plus de participation que celui de l’après-midi. Si on veut aussi toucher les personnes qui travaillent, après 18h est un horaire qui a aussi bien fonctionné, tout comme le samedi matin. Des marches ont même eu lieu après 19h et jusqu’à 21h et les femmes s’étaient organisées, nous les avions prévenues à l’avance.

    La proposition d’une animation pour les enfants est un plus à la participation, les adultes se réunissent et n’ont pas à gérer les enfants.

    Un lieu convivial du projet : il va s’agir d’un lieu fixe du projet, toujours le même pour la tenue des réunions, comme point de départ des marches mais aussi un lieu d’information pour savoir où en est le projet si on a raté la dernière réunion ou si on en a entendu parler mais on veut en savoir plus. C’est un lieu que les marcheuses peuvent s’approprier, un lieu ouvert avec toujours du café, des petits gâteaux : la convivialité est nécessaire à la participation.

    Noter les noms et les numéros des habitantes qui viennent aux réunions avec une feuille de présence à chaque fois : créer un tableau avec les noms et les numéros, les dates de réunion et mettre une croix quand les personnes viennent. Ce sera plus facile à la fin pour avoir une vision globale du nombre de femmes venues.

    Importance du tour de table pour que chaque personne entende et comprenne les motivations de chacune, s’y identifie.

    Les numéros comme l’identification de relais locaux sont importants aussi pour mobiliser les personnes et les rappeler : une semaine avant, quelques jours avant, voire la veille et jusqu’à 5 minutes avant la réunion. Peu d’habitantes qui ont participé aux marches (les « marcheuses ») ont des agendas et elles fonctionnaient plus sur le bouche à oreille que sur la mobilisation par mail ou par affiches. Ainsi, il est nécessaire d’identifier les femmes bénéficiant d’un pouvoir charismatique dans le quartier, celles qui pourront mobiliser, être le relais de la parole des professionnel.le.s. Les équipes de médiation sociale, des centres sociaux et d’animation (référent famille, parentalité, scolarité) ont également contribué à ce travail de mobilisation de proximité. Les sorties d’école comme les supermarchés ont été des lieux originaux de mobilisation et ont permis de « recruter » des habitantes qui n’avaient jamais participé à de telles initiatives participatives.

    Il faut néanmoins afficher l’information, partout dans le quartier, pour continuer à informer sur le travail en cours, les dates des prochaines rencontres, etc. La visibilité du projet lui donne plus de légitimité et crée un sentiment d’appartenance à un mouvement en construction, une histoire à écrire du quartier.

    Ne pas laisser trop de délai entre chaque moment de mobilisation : ne pas étirer le projet trop sur la durée et avoir des dates rapprochées des réunions, pas plus de trois semaines entre chaque.

    La formation à l’écoute est indispensable à la réalisation des marches et à la création du collectif d’individus.

    La formation à la gestion du stress et à la prise de paroles en public est aussi essentielle à la réussite du projet : c’est la véritable transformation du groupe d’individus en collectif de femmes qui veulent s’engager pour changer leur quartier. Ces deux modules de formation font partie du contenu méthodologique construit par le cabinet Maturescence dans le cadre de l’accompagnement à la réalisation de marches exploratoires de femmes.

    Le transfert de connaissances, de compétences doit être au cœur du projet : l’objectif du projet est que les femmes animent elles-mêmes les marches alors il faut les qualifier, leur transmettre les outils de méthodologie des marches (cartographie sociale, questionnaire voir et être vue, etc.) mais aussi ceux de compréhension du projet de rénovation urbaine, des différentes compétences au sein de la collectivité, les budgets et leur programmation, etc. Il faut aussi sensibiliser au fait que le projet a pour objectif que les femmes se réapproprient l’espace public, parce qu’elles en sont exclus et qu’il y a des explications socio-historiques à cela : formation sur le genre, le Droit à la ville, qui sont l’objet même des marches exploratoires. La transparence sur le projet et sur les motivations ou explications de la présence de chacune des personnes autour de la table sont une étape première.

    Attention au langage du projet et aux mots trop techniques : expliciter tous les sigles, vulgariser les termes. Ne pas se positionner en sachant car cela peut bloquer le dialogue, mais en courroie de transmission de savoirs : il faut que dans la communication au groupe, les personnes sentent que vous avez envie de partager avec elles vos connaissances, cette transmission crée en outre de la cohésion de groupe.

    Toujours concerter avant la prise de décision même s’il faut trancher à un moment donné : c’est important si on est dans la « congruence » du projet, de consulter avant toute prise de décision et ne pas être dans l’imposition de choix de la collectivité ou de l’équipe de professionnel.le.s. Par exemple, les horaires de réunion peuvent être décidés par le collectif d’habitantes sur proposition de l’équipe professionnelle.

    Montrer les avancées positives de leur participation en tant qu’habitantes, valoriser chacune et les réussites du groupe : une telle venait triste au début, aujourd’hui elle est plus épanouie, elle connaît plus de monde, elle a pu manier l’ordinateur, etc. Nous avons pu observer que le fait de s’applaudir à la fin de chaque séance faisait rayonner beaucoup d’énergie positive au sein du groupe. Cela fait du bien et les personnes en ressortent grandies, renforcées et plus proches des unes et des autres. S’applaudir crée du lien et de la solidarité, de l’action collective.

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