Projet crocodile

Cette bande dessinée vaut la peine, allez donc voir. Il s’agit d’histoires vraies de harcèlement et de sexisme ordinaire, envoyées à l’auteur par des lectrices et lecteurs qu’il met en images. Ce sont des histoires vécues ou dont les gens ont été témoins. L’auteur donne également des outils et conseils sur comment réagir intelligemment dans ce genre de situation. Savoir comment réagir permet de se sentir plus en sécurité dans l’espace public et contribue donc à l’empowerment de toutes et tous.

La page de Hollaback: http://france.ihollaback.org/mythes/<br />
Le texte de Hollaback, beaucoup plus complet:</p>
<p>Mythes<br />
Mythe n° 1 : Les femmes aiment secrètement être draguées dans la rue.</p>
<p>Nous n’allons pas prétendre que toutes celles qui sont sifflées ou reçoivent des commentaires sur leur physique dans la rue de la part d’inconnus détestent absolument ça et se sentent déshumanisées ou bouleversées.<br />
Mais si nous aimions toutes être approchées par des inconnus, Hollaback! n’aurait pas vu le jour, ni tous les mouvements nés ces dernières années pour lutter contre le harcèlement dans la rue (Blank Noise Project en Inde, HarassMap en Egypte). Les femmes interrogées par Holly Kearl pour un sondage ont rapporté ne pas avoir de problème avec les salutations, compliments, sentiments, sourires quand ils étaient neutres et sans connotation sexuelle. C’est lorsque ces commentaires devenaient relatifs à leurs attributs physiques que la grande majorité d’entre elles a considéré ces comportements comme réductionnistes voire menaçants. Son sondage révèle aussi que les personnes les plus susceptibles de trouver ces traitements gênants sont celles qui y sont confrontées de façon quotidienne ou hebdomadaire et/ou ont déjà été pelotées, suivies (stalked) et/ou agressées.<br />
Personne n’aime secrètement recevoir des commentaires raciaux, homophobes, sur son âge, sa position sociale, sa religion, etc. Pourquoi aimerions-nous de telles humiliations quand elles portent sur notre genre ou notre identité ? Est-ce parce qu’elles nous parviennent joliment déguisées en compliments ? Est-ce parce que les femmes sont socialement conditionnées à sans cesse se préoccuper de leur capacité à susciter le désir sexuel ? Est-ce parce que tant de cultures font croire aux hommes que les femmes existent pour leur consommation ?</p>
<p>Mythe n° 2 : Le harcèlement dans la rue n’arrive qu’aux femmes qui s’habillent sexy.</p>
<p>Parce que le harcèlement dans la rue existe partout dans le monde, même dans les pays où un code vestimentaire strict est imposé, on ne peut pas accuser les femmes d’être harcelées à cause des tenues qu’elles portent. Comme pour le mythe n°1, nous n’allons pas mentir et dire que personne ne s’habille jamais pour impressionner autrui. Mais beaucoup d’entre nous choisissent simplement leur garde-robe sur des critères culturels, professionnels, météorologiques, religieux, de confort, avec peu ou pas de considération quant à savoir si oui ou non les passants dans la rue ou les passagers du bus nous trouveront désirables : c’est du pragmatisme. Aucune tenue n’est jamais une invitation au harcèlement.<br />
Ce mythe est révélateur du refus des harceleurs d’endosser la responsabilité de leurs actes.</p>
<p>Mythe n° 3 : Le harcèlement dans la rue n’arrive qu’aux femmes jeunes et attirantes.</p>
<p>Le harcèlement dans la rue est géographiquement, temporellement et démographiquement universel. Il n’est pas toujours de nature sexuelle – bien que ce soit ce type de harcèlement qui ait inspiré la création de Hollaback! et constitue la majorité des histoires que nous recueillons – mais il peut arriver à n’importe qui, n’importe quand, dans n’importe quel pays. C’est pourquoi nous acceptons un large éventail de témoignages pouvant être soumis à HollabackFrance.</p>
<p>Mythe n° 4 : Celles qui se plaignent du harcèlement dans la rue sont en fait jalouses / coincées / haïssent les hommes / sont des psychoféminazies brûleuses de soutien-gorge / des ennemies de la liberté d’expression / sont en manque de sexe / sont moches.</p>
<p>A Hollaback!, nous sommes originaires de pays, communautés, religions, genres, couches sociales variés et avons des âges, opinions politiques, éducations, expériences personnelles très différentes. La seule chose que nous sommes certain·e·s d’avoir en commun est un profond dégoût pour le harcèlement dans la rue et la domination sous toutes ses formes. Nous voulons vivre dans une société plus égalitaire, faire ce que nous avons à faire sans être effrayées, menacées, insultées et… c’est tout. Hollaback! n’a pas d’autre plan, pas d’agenda caché. Celles qui se plaignent du harcèlement dans la rue non plus.</p>
<p>Mythe n° 5 : La drague dans la rue relève de la liberté d’expression.</p>
<p>Dénoncer le harcèlement dans la rue aussi.<br />
Tout est une question de point de vue… Certaines législations classent le harcèlement verbal, les contacts physiques dans la catégorie des agressions sexuelles et d’autres non.<br />
A notre sens, combattre le harcèlement dans la rue, c’est promouvoir la liberté individuelle plutôt que l’inverse. Nous voulons permettre aux gens de vivre, travailler, jouer, voyager dans une société plus sûre. Leur allouer plus de liberté dans leurs déplacements, dans leur faculté de lier des amitiés, de s’impliquer dans leurs quartiers, etc.</p>
<p>Mythe n° 6 : Il n’y a que les hommes hétéros ou [insérer ici un stéréotype racial] ou [insérer ici un stéréotype social] qui harcèlent les femmes.</p>
<p>Vous vous rappelez du mythe n°3 ? Les mêmes sentiments s’appliquent ici : n’importe qui, n’importe quand, n’importe où. Selon notre expérience, le harcèlement dans la rueest le fait de personnes issues de tous les groupes qui composent nos sociétés. C’est pourquoi nous avons établi une politique de non discrimination et demandons à nos contributeur·trice·s de ne pas discuter l’origine, la classe, l’orientation sexuelle, l’apparence, etc., de leurs harceleurs. Hollaback! a pour ambition de changer les valeurs de la société, pas de pointer du doigt.</p>
<p>Mythe n° 7 : Ce n’est pas du harcèlement, c’est juste de la drague.</p>
<p>Ok, si un homme aborde poliment une femme en public, entame une conversation avec elle, lui demande son numéro de téléphone, reçoit une réponse négative (verbalement ou par le langage du corps) et respecte sa décision, il n’a clairement commis aucune offense. Les propositions et actions constitutives du harcèlement sont non désirées et non réciproques. Ils privent les cibles de leur capacité de choisir par qui elles veulent être touchées et qui elles veulent laisser entrer dans leur intimité. C’est une interaction forcée. Le harcèlement dans la rue, qu’il vienne ou non enrobé d’un baratin sexuel, a toujours une même source : le pouvoir. Les harceleurs n’éprouvent aucun intérêt pour le confort d’autrui, ils n’entendent pas distribuer des compliments gratuits ni construire des liens réciproques ; ils veulent intimider, malmener, se moquer. Quand ils sont repoussés, ils ont recours à des insultes, des menaces, de l’agressivité. Les compliments véritables et le flirt possèdent un élément de courtoisie qui n’est pas présent dans le harcèlement.<br />
Si votre intention est de séduire ou complimenter quelqu’un sincèrement, il y a un bon millier de façons de le faire sans passer pour un tordu ! Essayer donc d’entamer une conversation sur autre chose que le physique de celle/celui que vous convoitez. La météo est toujours un bon sujet d’introduction… Ou les livres ou autres objets que la personne pourrait porter avec elle… Ou un évènement particulier qui serait en train de se passer autour de vous…<br />
Gardez à l’esprit qu’une personne seule dehors la nuit tombée et/ou dans un endroit désert ou un quartier inconnu réagira probablement mal à un quelconque compliment car elle se trouve déjà dans une position inconfortable et peut croire que sa sécurité est compromise. Il est donc judicieux de ne pas l’approcher du tout et même s’éloigner d’elle pour lui signifier que vous avez compris sa situation.<br />
Dans tous les cas, si l’individu abordé montre des signes de gêne ou de malaise, il est plus sage de vous excuser poliment pour ne pas causer d’avantage d’embarras.</p>
<p>Mythe n°8 : Les hommes sont comme ça, il faut s’y faire.</p>
<p>Comme nous l’avons dit plus haut, le harcèlement dans la rue transcende les barrières de genre et d’identité sexuelle. Conclure lapidairement que “les hommes sont comme ça”, c’est céder à l’idée que masculinité = domination, c’est sous-entendre que lutter contre le harcèlement est contre-nature, c’est insulter les hommes, c’est refuser le débat et la recherche des origines du harcèlement, c’est ignorer les sentiments des victimes… Bref, c’est juste une bonne excuse.</p>
<p>Mythe n°9 : Personne n’a de problème avec le harcèlement dans la rue quand le harceleur est sexy.</p>
<p>Certaines femmes aiment ou tolèrent les sifflements et les commentaires sur leur apparence (il serait intéressant d’étudier pourquoi, mais pour l’instant acceptons simplement cette réalité). Ce site n’est donc peut-être pas pour elles. Ce site est pour les 80 % des 811 femmes interrogées par Holly Kearl qui disent surveiller constamment leurs alentours. Les 50 % qui doivent traverser la rue et modifier leur itinéraire pour rejoindre leur destination. Les 45 % qui évitent de se déplacer seules. Les 26 % qui doivent mentir et dire qu’elles vont rejoindre quelqu’un. Les 19 % qui ont dû déménager et les 9 % qui ont dû changer de travail pour éviter le harcèlement dans la rue. Comme tout le monde, la préoccupation première de ces femmes tenait à leur sécurité et non à savoir si les individus qui les abordaient ressemblaient à Jude Law.</p>
<p>Mythe n°10 : Tant que ce n’est pas violent, c’est inoffensif.</p>
<p>Au fil des années, être harcelé·e dans la rue c’est accumuler et refouler des peurs, des dégoûts, des lassitudes, des humiliations, des frustrations, des colères… ce qui n’est pas une attitude des plus saines. Si le harcèlement touche les plus solides d’entre nous, quel est son impact sur les plus fragiles ? Sur celles et ceux qui ne sont pas encore ou plus à même de composer avec ces petites violences ? Que ressent une jeune fille de 13 ans quand elle est suivie dans la rue ? Que ressentent les survivantes de viol quand elles sont tripotées dans les transports en commun ?<br />
L’éventail de la violence sexuelle est large, il va du simple commentaire à l’agression sexuelle. Nous ne prétendrons jamais que harcèlement verbal et viol sont des expériences similaires. Nous affirmons en revanche que les incidents non physiquement violents du harcèlement dans la rue peuvent causer de considérables dommages psychologiques et émotionnels. Pour des personnes victimes d’attouchements ou de viol par le passé, même un commentaire apparemment inoffensif peut déclencher des souvenirs traumatisants voire des crises de paniques dont il leur faudra de plusieurs heures à plusieurs jours pour se remettre.</p>
<p>Mythe n°11 : C’est le prix à payer quand on habiter en ville.</p>
<p>Non, les impôts locaux sont le prix à payer quand on habite en ville. L’idée que le harcèlement est simplement une chose à laquelle les femmes et les LGBTQ devraient s’attendre lorsqu’ils/elles sortent seul·e·s ou s’affichent trop ostensiblement en public est précisément ce que nous entendons combattre.</p>
<p>Cette page reprise de Hollaback France est inspirée des mythes répertoriés par les leaders de HollabackHOUSTON.<br />

Une réflexion sur “Projet crocodile

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s